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Analyses Marché·6 min de lecture

Rebond du cours de l’or : la Fed souffle le chaud, l’emploi américain le froid

Après un plus bas de trois semaines touché mardi, l’once d’or a repris jusqu’à 3 % en deux séances, portée par un dollar et des rendements obligataires en repli. Vendredi, un rapport sur l’emploi américain plus solide que prévu a rendu une partie du terrain gagné. Chronologie, mécanique et lecture en euros d’une semaine de forte volatilité.

En brefLecture 40 s

  1. 01Rebond de l’or jeudi 3 septembre : jusqu’à +3 % en séance, retour au contact des 4 500 $ l’once après un plus bas de trois semaines.
  2. 02Déclencheur : Christopher Waller (Fed) se dit prêt à laisser les taux inchangés le 16 septembre si la désinflation se confirme ; la probabilité d’une hausse tombe de 66 % à 52 %.
  3. 03Vendredi 4 septembre : 162 000 créations d’emplois en août contre 56 000 attendues, chômage à 4,1 % ; l’once rend près de 100 $ (−2,5 %).
  4. 04En euros, l’once cote 3 824,18 € et le kilo 122 950 € à 17 h 52, en baisse de 0,60 % sur la journée ; la prime du Napoléon 20 francs se maintient à +3,0 %.
  5. 05Prochaine échéance : les chiffres d’inflation de la semaine prochaine, dernier repère avant la réunion de la Fed.
+3 %
Rebond de l’once jeudi 3 septembre, en séance
162 000
Emplois créés aux États-Unis en août, contre 56 000 attendus
3 824,18 €
L’once d’or à 17 h 52 le 4 septembre 2026
+3,0 %
Prime du Napoléon 20 francs, inchangée sur la semaine
Sommaire
  1. Ce qui s’est passé cette semaine
  2. La mécanique : dollar, rendements et probabilités de la Fed
  3. Lecture en euros : ce que cela change pour un détenteur français
  4. Les niveaux à surveiller
  5. Ce qu’il faut en retenir

Ce qui s’est passé cette semaine

La séquence tient en trois temps. Mardi 2 septembre, l’or inscrit un plus bas de trois semaines : les tensions au Moyen-Orient ravivent les craintes d’un durcissement monétaire, le dollar et les rendements des bons du Trésor montent, et le métal, qui ne verse aucun coupon, en paie le prix. Jeudi 3 septembre, le gouverneur de la Réserve fédérale Christopher Waller déclare qu’il soutiendrait un statu quo sur les taux à la réunion du 16 septembre si les données d’août confirment le reflux de l’inflation. Le dollar et les rendements décrochent, l’once rebondit jusqu’à 3 % en séance et revient au contact des 4 500 $, une zone que le marché lit comme un seuil psychologique.

Vendredi 4 septembre, le rapport sur l’emploi américain vient contredire le scénario d’une Fed accommodante : 162 000 créations de postes en août, près de trois fois le consensus, avec un taux de chômage stable à 4,1 %. Les anticipations de hausse des taux remontent aussitôt et l’once abandonne près de 100 $ en quelques heures, soit environ −2,5 %. Sur la semaine, le bilan reste légèrement positif : le rebond a effacé la correction partie des 4 700 $, sans la renverser.

La mécanique : dollar, rendements et probabilités de la Fed

Trois variables ont mené la danse, et elles ont bougé ensemble. Le tableau ci-dessous résume l’enchaînement.

DateÉvénementProbabilité d’une hausse de la Fed le 16 septembreRéaction de l’or
Mardi 2 septembreTensions géopolitiques, dollar et rendements au plus haut≈ 66 %Plus bas de trois semaines
Jeudi 3 septembreChristopher Waller ouvre la porte à un statu quo≈ 52 %Jusqu’à +3 %, retour vers 4 500 $
Vendredi 4 septembre162 000 emplois créés en août, chômage 4,1 %En haussePrès de −100 $ (≈ −2,5 %)

La lecture est classique. Quand le marché retire une demi-hausse de taux de ses anticipations, le rendement réel des obligations américaines baisse, le dollar se replie, et l’or, actif sans rendement libellé en dollars, retrouve des acheteurs. Le mouvement inverse se produit dès qu’une statistique remet la hausse de taux sur la table. Waller a d’ailleurs pris soin de rappeler que l’inflation reste « nettement au-dessus » de l’objectif de 2 %, tout en notant « des signes de désinflation » : un message à deux faces, que le marché a d’abord lu par son côté favorable.

Lecture en euros : ce que cela change pour un détenteur français

Pour un investisseur qui compte en euros, la parité euro-dollar amortit une partie de ces à-coups. À 17 h 52 ce vendredi, l’once cotait 3 824,18 € et le kilogramme d’or fin 122 950 €, soit 122,95 € le gramme, en repli de 0,60 % sur la journée : bien moins que les 2,5 % perdus en dollars, l’euro ayant lui-même reculé face au billet vert après le rapport sur l’emploi.

Sur le marché physique français, la cotation de référence du Napoléon 20 francs s’établit à 729,90 €, avec une prime de +3,0 % sur la valeur du métal contenu. Cette prime, qui mesure l’écart entre le prix de la pièce et son contenu en or fin, n’a pas bougé pendant la secousse : la demande de pièces reste ferme et les vendeurs ne se bousculent pas. C’est un signal utile. Une prime stable dans une semaine agitée indique un marché physique qui absorbe la volatilité sans stress.

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Les niveaux à surveiller

Le seuil des 4 500 $ a rempli son rôle : il a arrêté le rebond de jeudi et s’impose comme la résistance à franchir pour que la correction partie des 4 700 $ soit considérée comme terminée. En bas, le plus bas de mardi constitue le support de court terme ; sa perte rouvrirait la voie à une consolidation plus longue. Entre les deux, le marché va vivre au rythme des statistiques : les chiffres d’inflation de la semaine prochaine sont désormais la seule donnée capable de trancher, avant la Fed, entre le scénario de Waller et celui que le marché de l’emploi vient de réveiller.

Deux remarques d’analyste. D’abord, la volatilité de la semaine est celle d’un marché qui négocie une hausse de taux, pas une baisse : l’or a rebondi sur une simple pause anticipée, ce qui dit la sensibilité du métal à la moindre inflexion monétaire. Ensuite, l’écart entre la variation en dollars et la variation en euros rappelle qu’un détenteur européen n’a jamais tout à fait le même or qu’un détenteur américain.

Ce qu’il faut en retenir

Si vous envisagez d’acheter

L’or a montré cette semaine qu’il rebondit vite quand la pression monétaire se relâche, et qu’il rend tout aussi vite quand les données la ravivent. Pour qui envisage d’acheter, une correction qui bute sur un support de trois semaines avec une prime physique stable est un contexte à examiner poste par poste, lingot par lingot, au cours du jour. Pour qui envisage de vendre, la cotation en euros a mieux résisté que la cotation en dollars, et la prime du Napoléon reste positive : le moment n’est pas défavorable, à condition de faire peser et coter ses pièces devant soi. Dans les deux cas, la décision se prend sur le cours de référence horodaté, jamais sur une variation intraday.

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Si vous envisagez de vendre

Cette analyse est indicative et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cours cités sont ceux du 4 septembre 2026 ; ils évoluent en continu. Sources : Réserve fédérale (déclarations de Christopher Waller, 3 septembre 2026), Bureau of Labor Statistics (rapport sur l’emploi d’août 2026, publié le 4 septembre), CME FedWatch, cotations GoldAPI et CPoR relevées par GOLDMARKET le 4 septembre 2026 à 17 h 52.

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Pourquoi l’or est-il remonté jeudi 3 septembre 2026 ?

Parce que le gouverneur de la Fed Christopher Waller a ouvert la porte à un statu quo sur les taux à la réunion du 16 septembre. La probabilité d’une hausse est passée d’environ 66 % à 52 %, le dollar et les rendements ont reculé, et l’or, qui ne verse pas de rendement, a rebondi jusqu’à 3 % en séance.

Pourquoi l’or a-t-il rebaissé vendredi 4 septembre ?

Le rapport sur l’emploi américain d’août a fait état de 162 000 créations de postes contre 56 000 attendues, avec un chômage stable à 4,1 %. Un marché du travail solide redonne à la Fed des raisons de relever ses taux, ce qui soutient le dollar et pèse sur l’or : l’once a perdu près de 100 $, soit environ 2,5 %.

Combien vaut l’once d’or en euros le 4 septembre 2026 ?

À 17 h 52, l’once cotait 3 824,18 €, le kilogramme d’or fin 122 950 € et le gramme 122,95 €, en baisse de 0,60 % sur la journée. La variation en euros est plus faible qu’en dollars parce que l’euro a lui aussi reculé face au dollar après le rapport sur l’emploi.

La prime du Napoléon a-t-elle bougé pendant la semaine ?

Non. La cotation de référence du Napoléon 20 francs s’établit à 729,90 € avec une prime de +3,0 % sur la valeur du métal, un niveau stable malgré la volatilité de l’once : le marché physique français a absorbé la secousse sans tension sur les pièces.

Emmanuel Legendre

Rédigé par

Emmanuel Legendre

574 articles publiés · Économiste et journaliste, analyste du marché de l'or

Économiste et journaliste, Emmanuel Legendre écrit sur les mécanismes qui font le prix de l'or : taux réels, politique des banques centrales, inflation, dollar, flux ETF. Des analyses techniques et documentées, pour les lecteurs qui veulent comprendre le cours plutôt que simplement le consulter.

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