Analyses Marché·6 min de lecture
Banques centrales : 321 tonnes d’or au troisième trimestre, le rythme le plus soutenu depuis 2024
World Gold Council : 321 tonnes d'or achetées par les banques centrales au T3 2026, 675 tonnes sur neuf mois (+6 % sur un an). Ce que ces chiffres disent.
Sommaire

En bref. Le World Gold Council a publié le 3 novembre 2026 son rapport trimestriel de la demande d’or. Les banques centrales ont acheté 321 tonnes nettes au troisième trimestre, le rythme le plus soutenu depuis la fin de 2024, et 675 tonnes sur les neuf premiers mois, soit 6 % de plus qu’un an plus tôt. Ces achats ont été réalisés pendant que le cours reculait, et les deux tiers d’entre eux ne sont pas déclarés officiellement par les institutions qui les effectuent.
- 321 tonnes au troisième trimestre, contre 289 tonnes au deuxième : +11 % d’un trimestre à l’autre, et le plus haut niveau depuis le quatrième trimestre 2024 selon le Conseil mondial de l’or.
- 675 tonnes sur neuf mois, en hausse de 6 % sur un an.
- Deux tiers environ des achats estimés ne sont pas publiés par les banques centrales concernées : le chiffre du trimestre est une estimation, pas un relevé exhaustif.
- La Chine premier acheteur, avec 79 tonnes sur le trimestre (+7 %), devant la Pologne.
- Ce que pèsent 321 tonnes : au cours de 112,907 € le gramme relevé le 4 novembre 2026 à 0 h 45 sur ce site, environ 36,2 milliards d’euros — l’équivalent de 321 000 lingots d’un kilogramme, ou de 10,3 millions d’onces.
- Perspective donnée par le Conseil : les achats officiels de l’année 2026 devraient au moins égaler ceux de 2025.
Des achats faits pendant la baisse, et non malgré elle
Le troisième trimestre s’est déroulé dans un marché en repli. Sur l’historique de cotation de ce site, l’once est passée de 3 974,08 € au relevé du 25 août — le plus haut de la période — à 3 511,80 € au relevé du 4 novembre 2026, soit −11,6 %. C’est dans cet intervalle que la demande officielle a accéléré.
John Reade, du World Gold Council, avance une lecture simple : la baisse du cours a pu encourager certaines banques centrales à acheter davantage. Cette explication mérite d’être prise pour ce qu’elle est — une hypothèse de l’auteur du rapport, pas une déclaration des acheteurs, qui ne commentent pas leurs arbitrages. Elle est cohérente avec ce que l’on observe depuis trois ans : une institution qui constitue une réserve sur un horizon de plusieurs années n’achète pas au plus haut par conviction, elle achète quand le prix d’entrée s’améliore.
Il faut en retenir la bonne conséquence, et seulement celle-là : la composante la plus lente de la demande d’or ne s’est pas retournée quand le cours a reculé. Cela ne dit rien du cours des prochaines semaines, que personne ne connaît.
Qui achète, et ce que l’on ignore
La Banque populaire de Chine conduit le mouvement, avec 79 tonnes sur le trimestre, en hausse de 7 %. La Banque nationale de Pologne suit. Au-delà de ces deux-là, le rapport bute sur une limite qu’il énonce lui-même : environ deux tiers des achats estimés ne font l’objet d’aucune déclaration officielle.
Cette part non déclarée n’est pas un détail de méthode. Elle explique pourquoi la série est révisée, parfois fortement, à mesure que l’information remonte. L’arithmétique du millésime 2026 le montre : les trois trimestres, tels qu’ils avaient été annoncés au fil de l’année, cumulaient 244, 289 puis 321 tonnes, soit 854 tonnes — quand le cumul publié sur neuf mois s’établit à 675 tonnes. L’écart vient des révisions appliquées à la série, et non d’une erreur de calcul. Nous retenons ici le cumul publié, en signalant qu’il déclasse le chiffre du premier trimestre que nous avions nous-mêmes relayé.
Un lecteur qui veut se faire une opinion plutôt qu’être rassuré doit donc lire ces tonnages comme un ordre de grandeur solide et une précision faible : la tendance est documentée, le chiffre exact ne l’est pas.
Ce que ces 321 tonnes représentent, concrètement
Un tonnage ne parle pas de lui-même. Au cours relevé sur ce site le 4 novembre 2026, 321 tonnes valent environ 36,2 milliards d’euros, et les 675 tonnes des neuf premiers mois environ 76,2 milliards. Rapporté à un format que l’on manipule en agence, le trimestre représente 321 000 lingots d’un kilogramme.
Ces achats ne passent pas par le même canal qu’un particulier : ils se négocient de gré à gré, souvent auprès de raffineurs ou de banques de métaux, et ils ne pèsent sur les primes des petits formats que de façon indirecte. La distinction est importante pour lire son propre prix d’achat : la valeur métal dépend du cours, la prime dépend du format et de la demande de détail. Pour un particulier, cette prime se lit produit par produit sur les lingots d’or d’investissement proposés à l’achat ; dans l’autre sens, le prix de reprise s’établit au cours du jour, pesée faite devant vous et calcul remis par écrit, que ce soit pour faire reprendre un lingot d’or ou une pièce.
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Ce que cela change, et ne change pas, pour un détenteur
Trois distinctions utiles, qui n’ont rien d’une recommandation.
La demande officielle est une donnée de fond, pas un signal de séance. Elle se mesure au trimestre, elle est révisée, et elle répond à des arbitrages de réserves de change sur plusieurs années. Elle n’indique pas un point d’entrée.
Un trimestre ne fait pas une tendance, mais trois ans en font une. Ce qui est documenté ici, c’est la poursuite d’un mouvement engagé depuis plusieurs années, pas son accélération soudaine. La nuance compte si l’on cherche à comprendre plutôt qu’à se décider vite.
Le cours et le prix payé ne se confondent pas. Le cours au gramme détermine la valeur métal ; le prix commercial y ajoute une prime. Les termes employés ici — cours, valeur métal, prime, achats nets — sont définis dans le glossaire.
La valeur des métaux précieux peut augmenter ou diminuer. GOLDMARKET ne promet aucun rendement et ne délivre pas de conseil en investissement. Les tonnages cités sont ceux du rapport trimestriel du World Gold Council publié le 3 novembre 2026 ; les cours cités sont ceux relevés aux dates indiquées sur ce site, et le cours en vigueur est publié sur la page cours de l’or et sur la page cours des métaux précieux.
Pour aller plus loin
- Cours de l’or : −13 % depuis le sommet du 25 août — la lecture du repli dans lequel ces achats se sont inscrits.
- Réserves d’or des banques centrales : les stratégies d’accumulation — pourquoi une institution détient du métal.
- Or européen : réserves et politique monétaire et or américain : Fort Knox et réserves fédérales.
- Qu’est-ce que le cours spot de l’or ? — comment se forme la référence citée ici.
- Investir en or physique : formats, primes, fiscalité selon la durée de détention.
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Rédigé par
Rafik Makhlouf
1007 articles publiés · Président-Directeur Général
Rafik Makhlouf dirige GOLDMARKET, maison familiale et indépendante spécialisée dans les métaux précieux, dont le siège est établi Avenue des Champs-Élysées. À la tête d'une maison dont le métier consiste à préserver, valoriser et transmettre la valeur de l'or dans le temps, il analyse ce que les mouvements du métal révèlent des équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.
- Géopolitique de l'or
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