Analyses Marché·6 min de lecture
Cours de l’or : −13 % depuis le sommet du 25 août, lecture d’un repli et points de bascule
L'once d'or à 3 475,70 € à la clôture du 30 octobre 2026, −13,0 % depuis le 25 août. Taux réels en baisse, demande des banques centrales, points de bascule de décembre.
Sommaire

En bref. L’once d’or a clôturé le vendredi 30 octobre 2026 à 3 475,70 € (historique de cotation du site), contre 3 993,57 € au plus haut de clôture du 25 août : −13,0 % en dix semaines. Le seul mois d’octobre retire 5,4 %. Le repli ne vient pas d’une remontée des taux réels — ils ont baissé sur la période — mais d’un repositionnement sur la trajectoire de la Réserve fédérale et d’un dollar plus ferme. La demande des banques centrales, elle, n’a pas fléchi.
- Or : 111,7463 € le gramme, contre 128,3963 € le 25 août. Sur un lingot d’un kilogramme, la valeur métal recule de 16 650 €. Au relevé du 1er novembre, l’once est quasiment inchangée, à 3 472,85 €.
- Octobre : de 3 669,27 € l’once au 30 septembre à 3 475,70 €, soit −5,3 %. La séance du 30 octobre concentre une large part du mouvement, avec un recul de 3,55 % en clôture.
- Depuis le 3 août, premier jour de l’historique quotidien du site, le solde n’est que de −1,3 %. C’est la progression de l’été qui s’efface, et non un niveau d’avant-été qui serait enfoncé.
- Argent : 1,4178 € le gramme, contre 1,9134 € le 27 août, soit −25,9 % — deux fois le repli de l’or. Le ratio or/argent passe de 67 à 79.
- Effet de change : exprimé en dollars, le repli depuis le sommet atteint 16,9 % (4 656 $ puis 3 868 $, aux parités de 1,1662 et 1,1130). Le détenteur en euros a donc absorbé 3,9 points de moins que le détenteur en dollars.
Ce qui a fait baisser le cours
Deux décisions de politique monétaire encadrent la séquence. La Réserve fédérale a maintenu son taux directeur dans la fourchette 3,75 % – 4,00 % le 28 octobre, par un vote de dix voix contre deux ; les anticipations de marché se sont ensuite déplacées vers un resserrement en décembre. La Banque centrale européenne a maintenu son taux de dépôt à 2,50 %. L’écart de politique entre les deux rives s’est donc creusé dans le sens d’un dollar plus ferme, et un dollar plus ferme pèse mécaniquement sur un actif coté dans cette devise.
S’y ajoute un facteur de positionnement. Après une progression continue de l’été, une part des positions acquises à bon compte a été soldée. Ce type de mouvement se reconnaît à sa forme : il est concentré sur quelques séances plutôt qu’étalé, et il frappe plus durement les métaux dont le marché est le plus étroit. C’est exactement ce que montre l’écart entre l’or, à −13,0 % depuis son sommet, et l’argent, à −25,9 %.
Ce que la baisse des taux réels ne permet pas d’expliquer
L’explication la plus répandue d’une baisse de l’or est la remontée des taux réels : quand un emprunt d’État rapporte davantage une fois l’inflation déduite, détenir un métal qui ne verse aucun coupon coûte plus cher. Cette explication ne tient pas ici, et il faut le dire.
Le rendement réel des emprunts d’État américains indexés sur l’inflation à dix ans est passé de 2,88 % le 1er octobre à 2,60 % le 30 octobre. Il a donc baissé de 28 points de base sur le mois même où l’or a cédé 5,4 %. Mécaniquement, cette détente était favorable à l’or. Le repli s’est produit contre elle.
Ce que cela signifie, pour un lecteur qui cherche à se faire une opinion plutôt qu’à être rassuré : le mouvement d’octobre n’est pas un ajustement de valorisation dicté par le coût de portage. C’est un mouvement de flux et d’anticipations, dont la cause tient davantage à ce que les intervenants croient que la Réserve fédérale fera qu’à ce que les taux font aujourd’hui. Les mouvements de cette nature se retournent plus vite que les ajustements de valorisation, dans un sens comme dans l’autre.
Ce qui n’a pas changé
La demande officielle n’a pas suivi la baisse. Les achats des banques centrales ont atteint 289 tonnes au deuxième trimestre 2026, contre 244 tonnes au premier. Cette demande ne se gère pas à la séance : elle répond à des arbitrages de réserves de change sur plusieurs années, et elle est restée orientée à la hausse pendant que le cours reculait.
Il faut en tirer la bonne conclusion, et seulement celle-là : la composante structurelle de la demande ne s’est pas retournée. Cela ne dit rien du cours des prochaines semaines, que personne ne connaît.
Lettre GOLDMARKET
Le cours de l’or, décrypté dans votre boîte mail
L’analyse de Rafik Makhlouf et les niveaux à surveiller, en cinq minutes de lecture, à la fréquence de votre choix.
Gratuit · à la fréquence de votre choix · vos données restent chez GOLDMARKET
Les points de bascule à surveiller
Trois échéances concentrent l’information utile. L’indice des prix à la consommation américain d’octobre, d’abord : une lecture plus faible qu’attendu relâcherait la pression sur la trajectoire de décembre. Les élections de mi-mandat américaines, ensuite, pour leur effet sur la trajectoire budgétaire. La réunion de décembre de la Réserve fédérale, enfin, qui tranchera ce que le marché anticipe aujourd’hui.
Sur le plan des niveaux, les analyses de marché citent un seuil autour de 3 886 $ l’once, dont la tenue est présentée comme déterminante pour la suite du mouvement. Ce genre de repère se vérifie après coup ; il indique où se concentrent les ordres, pas où le cours ira.
Ce que cela change pour un détenteur
Trois distinctions utiles, qui n’ont rien d’une recommandation.
La valeur métal et le prix payé ne baissent pas ensemble. Le cours au gramme détermine la valeur métal d’un lingot ou d’une pièce. Le prix commercial y ajoute une prime liée au format et à la demande. En phase de repli, la prime des petits formats et des pièces de collection se comporte souvent différemment du métal lui-même : le mécanisme est détaillé dans notre analyse de la séance du 22 octobre.
Un repli de cette ampleur n’est pas une rupture de régime. Sur les 76 variations quotidiennes enregistrées par le site depuis le 3 août, 28 dépassent 1 % en valeur absolue et 7 dépassent 2 %. Cinq séances affichent une baisse de 2 % ou plus : −2,68 % le 28 août, −2,47 % le 1er septembre, −3,62 % le 28 septembre, −2,53 % le 22 octobre et −3,55 % le 30 octobre. À l’inverse, la meilleure séance de la période gagne 4,42 %. Le dire n’est pas minimiser le repli : c’est le situer. Le solde depuis le 3 août, à −1,3 %, le situe mieux encore.
L’horizon de détention change la lecture. Un mouvement de flux sur quelques séances n’a pas le même sens pour qui regarde son patrimoine à dix ans que pour qui regarde un écran. Les termes employés ici — cours, valeur métal, prime, taux réel — sont définis dans le glossaire.
La valeur des métaux précieux peut augmenter ou diminuer. GOLDMARKET ne promet aucun rendement et ne délivre pas de conseil en investissement. Les chiffres de cet article sont ceux relevés aux dates indiquées ; le cours en vigueur est publié sur la page cours de l’or et sur la page cours des métaux précieux.
Pour aller plus loin
- Cours de l’or et cours de l’argent, mis à jour en continu.
- Qu’est-ce que le cours spot de l’or ? — comment se forme la référence citée dans cet article.
- Investir en or physique : formats, primes, fiscalité selon la durée de détention.
Si vous envisagez d’acheter
Lingots, lingotins et pièces d’investissement cotées, au cours de l’or du jour, disponibles en agence ou livrés assurés.
Voir lingots et piècesau cours du jourPrime affichée avant paiement · livraison assurée ou retrait en agence
Si vous envisagez de vendre
Bijoux, pièces, lingots, or dentaire ou débris : nos experts pèsent et estiment votre or gratuitement, sans engagement.
Faire estimer mon orgratuit · sans engagementPesée et calcul devant vous, décompte écrit remis · Trouver une agence →
Rédigé par
Rafik Makhlouf
1006 articles publiés · Président-Directeur Général
Rafik Makhlouf dirige GOLDMARKET, maison familiale et indépendante spécialisée dans les métaux précieux, dont le siège est établi Avenue des Champs-Élysées. À la tête d'une maison dont le métier consiste à préserver, valoriser et transmettre la valeur de l'or dans le temps, il analyse ce que les mouvements du métal révèlent des équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.
- Géopolitique de l'or
- Banques centrales et réserves
- Marché des métaux précieux
- Cours de référence LBMA
- Argent et métaux blancs
- Patrimoine en or
À lire ensuite
Toute la rubrique Analyses Marché →Analyses Marché·17 min
Chute de l’or du 22 octobre 2026 : −2,53 % en euros, et pourquoi les pièces n’ont pas suivi
L'once d'or a clôturé le 22 octobre 2026 à 3 588,61 €, en repli de 2,53 % : plus bas niveau depuis le 3 août. Le choc pétrolier qui fait baisser l'or au lieu de le soutenir, l'anomalie des primes — la cotation du Napoléon n'a pas bougé — et trois configurations avant la Fed du 28 octobre.
Lire →Analyses Marché·7 min
Argent, platine, palladium : l’argent regagne 1,20 % sur la semaine, à 54,30 € l’once
Sur la semaine du 2 au 9 octobre 2026, l'argent regagne 1,20 % en euros, à 54,30 € l'once, après un point bas à 52,46 € jeudi ; le platine cède 0,31 % et le palladium 1,10 %. Les chiffres datés du Silver Institute sur la demande industrielle d'argent, convertis en tonnes.
Lire →Analyses Marché·6 min
Argent, platine, palladium : le platine cède 2,98 % sur la semaine, l’once d’or en vaut 2,45
Sur la semaine du 25 septembre au 2 octobre 2026, le platine cède 2,98 % en euros, le palladium 6,55 %, l'argent 4,75 % et l'or 2,25 %. Une once d'or vaut 2,45 onces de platine au dernier relevé : ce que mesure ce ratio, chiffres datés à l'appui.
Lire →