Analyses Marché·8 min de lecture
Combien de Français possèdent de l’or ? Tous les chiffres
Analyse du jeudi 24 septembre 2026, par Rafik Makhlouf. Les chiffres de détention cités ici proviennent de l’étude EY réalisée pour l’UFBJOP avec le soutien de Francéclat, dont les données ont été collectées du 25 septembre au 7 octobre 2025 ; les conversions en euros utilisent le relevé GOLDMARKET de clôture du 24 septembre 2026 (17 h 05), à 120 200 € le kilogramme d’or fin. Les cotations sont datées et ne se mettent pas à jour toutes seules.
Sommaire
- Tous les chiffres, d’abord
- D’où viennent ces chiffres
- Les particuliers détiennent plus d’or que la Banque de France
- Qui possède de l’or, exactement ?
- Sous quelle forme ?
- L’anomalie : 2 787 tonnes qui ne servent à rien
- Pourquoi ils ne vendent pas
- Pourquoi ils n’achètent pas non plus
- Ce que cette étude change
Deux Français sur trois possèdent de l’or. Le stock privé atteint 4 026 tonnes, soit 1,65 fois les réserves de la Banque de France. Et 69 % de ce métal ne sert à rien : il dort. C’est le premier recensement national jamais conduit sur le sujet, et il dit quelque chose d’inattendu sur le rapport des Français à l’or.
Tous les chiffres, d’abord
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Part des Français qui possèdent de l’or | 66 % | EY / UFBJOP / Francéclat |
| Stock détenu par les particuliers (2025) | 4 026 t | EY / UFBJOP / Francéclat |
| Détention moyenne par détenteur | 89 g | EY / UFBJOP / Francéclat |
| Nombre de détenteurs | ≈ 45 millions | calcul GOLDMARKET |
| Réserves officielles de la Banque de France | 2 437 t | World Gold Council, T2 2026 |
| Part du stock privé sans usage actif | 69 %, soit 2 787 t | EY / UFBJOP / Francéclat |
| Détenteurs n’ayant jamais vendu ni transmis | 70 % | EY / UFBJOP / Francéclat |
| Valeur du stock privé au cours du jour | ≈ 484 milliards d’euros | calcul GOLDMARKET |
| Valeur du seul or dormant | ≈ 335 milliards d’euros | calcul GOLDMARKET |
Sources : « Les Français adorent l’or », Francéclat, 18 mai 2026 et communiqué de presse de l’UFBJOP du 1er juin 2026.
D’où viennent ces chiffres
Jusqu’en 2026, personne ne savait combien d’or dormait dans les tiroirs français. On citait des ordres de grandeur, jamais une mesure. L’UFBJOP — l’Union française de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, des pierres et des perles — a commandé au cabinet EY la première enquête nationale sur le sujet, avec le soutien de Francéclat, le comité professionnel de la filière.
La méthode mérite d’être connue, parce qu’elle conditionne ce qu’on peut faire dire aux résultats : 2 000 particuliers représentatifs de la population française, interrogés entre le 25 septembre et le 7 octobre 2025, plus une trentaine d’entretiens avec des professionnels de la filière. Les résultats ont été publiés par Francéclat le 18 mai 2026 et par l’UFBJOP le 1er juin.
C’est donc une photographie du stock au second semestre 2025, publiée au printemps 2026. Les chiffres de détention ne bougent pas au rythme des cours : un stock de bijoux hérités ne se réévalue pas tous les trimestres. En revanche, sa valeur, elle, a beaucoup bougé depuis — nous y revenons.
Les particuliers détiennent plus d’or que la Banque de France
C’est le chiffre qui a fait les titres, et il est exact : 4 026 tonnes chez les particuliers contre 2 437 tonnes dans les coffres de la Banque de France. Un rapport de 1,65. Si les ménages français constituaient un État, ils se classeraient deuxième détenteur mondial — derrière les seuls États-Unis et leurs 8 133 tonnes, et devant l’Allemagne — nous avons détaillé ce classement dans le classement des réserves d’or dans le monde.
Au cours du 24 septembre 2026 — 120 200 € le kilogramme d’or fin sur notre cotation — ces 4 026 tonnes pèsent environ 484 milliards d’euros. Personne ne pilote ce stock-là : il n’a ni gestionnaire, ni relevé annuel, ni fiscalité courante. Il est simplement là.
Lettre GOLDMARKET
Le cours de l’or, décrypté dans votre boîte mail
L’analyse de Rafik Makhlouf et les niveaux à surveiller, en cinq minutes de lecture, à la fréquence de votre choix.
Gratuit · à la fréquence de votre choix · vos données restent chez GOLDMARKET
Qui possède de l’or, exactement ?
66 % de la population. En croisant ce taux avec la détention moyenne de 89 grammes et le stock total de 4 026 tonnes, on obtient environ 45 millions de détenteurs — ce calcul est le nôtre, l’étude ne publie pas ce nombre. Le profil, lui, est publié :
- Par sexe : détention légèrement plus féminine, 55 % contre 45 %. L’écart tient largement au bijou, qui domine le stock en nombre d’objets.
- Par âge : plus de 75 % des détenteurs ont plus de 34 ans, avec une part notable de plus de 65 ans. L’or ne s’achète pas à vingt ans : il s’hérite à cinquante.
- Par catégorie socioprofessionnelle : les retraités forment le premier groupe de détenteurs, devant les employés et les cadres. Ce n’est donc pas un patrimoine de riches — c’est un patrimoine d’anciens.
- Par géographie : les détenteurs sont plutôt urbains.
Sous quelle forme ?
C’est ici que l’étude devient contre-intuitive. 81 % des objets en or détenus sont des bijoux — mais ils ne pèsent que 40 % du tonnage. À l’inverse, les lingots représentent environ 3 % des objets détenus et une part massive du poids. Un ménage possède beaucoup de bijoux légers et, plus rarement, un objet lourd qui fait basculer la balance.
| Forme | Part des objets détenus |
|---|---|
| Bijoux (total) | 81 % |
| — dont alliances, bracelets et autres | 30 % |
| — dont boucles d’oreilles | 19 % |
| — dont bagues | 18 % |
| — dont colliers | 14 % |
| Pièces et lingots | 19 % |
| — dont lingots | ≈ 3 % |
Quant aux quantités détenues, elles sont modestes pour l’immense majorité : environ 60 % des Français détenteurs possèdent entre 10 et 100 grammes, l’équivalent de deux ou trois bijoux du quotidien. 12 % dépassent les 100 grammes. Les 89 grammes de moyenne valent aujourd’hui près de 10 700 euros — ce qui, pour beaucoup de foyers, n’est pas une décoration : c’est une ligne de patrimoine qu’ils ignorent avoir.
L’anomalie : 2 787 tonnes qui ne servent à rien
69 % du stock est conservé sans usage actif : ni porté, ni exposé, ni mis en circulation. Soit 2 787 tonnes, environ 335 milliards d’euros au cours du jour.
La rotation est quasi nulle. 70 % des détenteurs n’ont jamais vendu ni transmis leur or. Parmi ceux qui ont vendu, seulement 12 % des ventes ont eu lieu dans les douze derniers mois, et 41 % remontent à plus de cinq ans. Autrement dit : un marché de plusieurs centaines de milliards d’euros dont l’essentiel n’a jamais bougé une seule fois.
Pourquoi ils ne vendent pas
| Frein à la revente | Part des répondants |
|---|---|
| Attachement sentimental | 48 % |
| Crainte d’être lésé | 40 % |
| Volonté de conserver ou de transmettre | 33 % |
| Taxes | 17 % |
| Complexité administrative | 10 % |
| Contraintes logistiques | 9 % |
Le premier frein, l’attachement, est légitime et ne se discute pas : une alliance de grand-mère n’est pas un actif. Mais regardez le deuxième. Quatre détenteurs sur dix ne vendent pas parce qu’ils redoutent de se faire avoir — non parce qu’ils tiennent à l’objet. Ce n’est pas un frein patrimonial, c’est un déficit d’information. Et il coûte cher : additionné au 17 % qui butent sur les taxes et au 10 % qui renoncent devant la paperasse, cela fait une part considérable d’un stock de 335 milliards d’euros immobilisée par de l’opacité, pas par du sentiment.
C’est très exactement le problème que le métier doit résoudre. Chez GOLDMARKET, la réponse tient en trois gestes : la pesée se fait sur balance certifiée devant le client, le calcul — poids, titre, cours du jour retenu, montant ligne par ligne — lui est remis par écrit qu’il vende ou non, et le règlement part par virement bancaire sur présentation d’une pièce d’identité. Un vendeur qui repart avec le détail du calcul n’a plus à se demander s’il a été lésé : il peut le vérifier. Notre page rachat d’or détaille la méthode, et le cours de l’or donne la référence publique à laquelle tout calcul doit se rattacher.
Pourquoi ils n’achètent pas non plus
Symétriquement, l’achat reste marginal : moins de 13 % des Français envisagent d’acheter de l’or, et 22 % s’agissant de bijoux. Les freins déclarés :
| Frein à l’achat | Part des répondants |
|---|---|
| Prix trop élevé | 30 % |
| Méconnaissance du marché | 14 % |
| Problèmes de stockage | 14 % |
| Désintérêt pour le produit | 14 % |
| Préférence pour d’autres placements | 7 % |
| Fiscalité complexe et élevée | 7 % |
« Prix trop élevé » à 30 % mérite un commentaire d’analyste. Le prix du gramme n’est pas un obstacle : il existe des lingotins d’un gramme, et le Napoléon 20 francs reste la pièce la plus échangée de France précisément parce qu’il est fractionné. Ce que cette réponse traduit, c’est plutôt l’idée que l’or arrive « trop tard », après une hausse spectaculaire. C’est un raisonnement d’ancrage, pas un raisonnement de prix — et l’étude ne permet pas de dire si ce frein était moins fort quand le kilo valait moitié moins.
Ce que cette étude change
Trois enseignements, du plus factuel au plus stratégique.
Un. La France n’a pas un problème de stock d’or, elle a un problème de circulation. Le métal est là, en quantité supérieure aux réserves de sa banque centrale. Il ne bouge pas.
Deux. Le frein dominant n’est pas fiscal. Les taxes arrivent en quatrième position, à 17 %, loin derrière l’attachement et la peur d’être mal payé. Le débat public sur la fiscalité de l’or se trompe donc de cible : ce qui bloque, c’est d’abord la confiance et l’information.
Trois. Pour la filière joaillière, ces 2 787 tonnes dormantes sont une ressource. L’or se refond indéfiniment sans rien perdre de ses propriétés — c’est le seul matériau industriel dont la circularité est parfaite. Remettre en circulation une fraction de ce stock, c’est autant d’or qui n’est pas extrait. Les auteurs de l’étude le formulent ainsi : « la remise en circulation de cet or dormant peut constituer un levier vertueux, à la fois économique et durable ».
Pour le particulier, la conclusion est plus simple encore. Si vous faites partie des 66 %, vous détenez en moyenne 89 grammes, soit près de 10 700 euros au cours du jour. Vous n’avez aucune obligation de les vendre. Mais vous avez tout intérêt à savoir ce qu’ils valent : nos douze agences estiment gratuitement, pèsent devant vous et remettent le calcul par écrit, sans engagement.
Pour aller plus loin
Si vous envisagez d’acheter
Lingots, lingotins et pièces d’investissement cotées, au cours de l’or du jour, disponibles en agence ou livrés assurés.
Voir lingots et piècesau cours du jourPrime affichée avant paiement · livraison assurée ou retrait en agence
Si vous envisagez de vendre
Bijoux, pièces, lingots, or dentaire ou débris : nos experts pèsent et estiment votre or gratuitement, sans engagement.
Faire estimer mon orgratuit · sans engagementPesée et calcul devant vous, décompte écrit remis · Trouver une agence →
Information économique générale, sans recommandation personnalisée. L’or présente un risque de perte en capital et ne verse aucun revenu. Les données de détention proviennent de l’étude EY réalisée pour l’UFBJOP avec le soutien de Francéclat, collectées du 25 septembre au 7 octobre 2025 auprès de 2 000 particuliers représentatifs ; elles décrivent le stock 2025. Les conversions en euros reposent sur le relevé GOLDMARKET du 24 septembre 2026 et ne se mettent pas à jour automatiquement. Le nombre de détenteurs et les valeurs en euros sont des calculs GOLDMARKET dérivés des chiffres publiés, et non des données de l’étude.
Rédigé par
Rafik Makhlouf
1003 articles publiés · Président-Directeur Général
Rafik Makhlouf dirige GOLDMARKET, maison familiale et indépendante spécialisée dans les métaux précieux, dont le siège est établi Avenue des Champs-Élysées. À la tête d'une maison dont le métier consiste à préserver, valoriser et transmettre la valeur de l'or dans le temps, il analyse ce que les mouvements du métal révèlent des équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.
- Géopolitique de l'or
- Banques centrales et réserves
- Marché des métaux précieux
- Cours de référence LBMA
- Argent et métaux blancs
- Patrimoine en or
À lire ensuite
Toute la rubrique Analyses Marché →Analyses Marché·9 min
Cours de l’or au 23 septembre 2026 : −1,10 % en euros, ce que dit la séance
L'once d'or a terminé le 23 septembre 2026 à 3 766,48 € (20 h 24), en repli de 1,10 % sur la veille, davantage en dollars. Fourchette de septembre, effet de change, prime du Napoléon : l'analyse de la séance, chiffrée et sourcée.
Lire →Analyses Marché·9 min
La Chine achète de l’or depuis 22 mois : ce qui a changé en 2026
La banque centrale chinoise a déclaré un vingt-deuxième mois consécutif d'achats d'or en août 2026, portant ses réserves à 2 387 tonnes. L'essentiel n'est pas la séquence : c'est que le rythme a triplé depuis janvier.
Lire →Analyses Marché·7 min
L’agenda de l’or : climat des affaires, Bulletin de la BCE et rapport CFTC au programme de la semaine
Semaine du 21 au 25 septembre 2026 sans réunion de banque centrale : les rendez-vous vérifiés sont l'INSEE (climat des affaires, confiance des ménages), le Bulletin économique de la BCE et le rapport CFTC du vendredi. Repères du jour en euros.
Lire →