Analyses Marché·5 min de lecture
Or : 23 tonnes d’achats nets déclarés par les banques centrales en juillet
Analyse publiée le 11 septembre 2026. Données d’achats déclarés portant sur juillet, publication WGC du 3 septembre ; enquête d’intentions du 16 juin. Aucun cours du jour ni prévision de rendement. Information générale, sans recommandation personnalisée.
Sommaire

Les banques centrales continuent d’ajouter de l’or à leurs réserves, mais elles ne le font ni toutes ensemble ni au même rythme. Le bilan de juillet publié le 3 septembre 2026 par le World Gold Council permet de sortir d’une formule trop simple : des achats institutionnels ne constituent pas un plancher garanti pour le cours. Décryptage de ces données mensuelles, distinctes des mouvements de marché de ce 11 septembre.
Un solde positif, avec des acheteurs et des vendeurs
Le World Gold Council rapporte 23 tonnes d’achats nets déclarés en juillet 2026, sur la base des données disponibles au 31 juillet. La Chine a ajouté 20 tonnes et la Pologne 8 tonnes. À l’inverse, la Russie a vendu 6 tonnes. Ces exemples illustrent la diversité des opérations ; ils ne constituent pas la liste complète des intervenants.
Le cumul déclaré depuis janvier atteint environ 130 tonnes, contre environ 160 tonnes sur la même période de 2025. Il reste donc positif, tout en étant inférieur à celui de la période comparable. Le bilan ne justifie pas de parler d’une accélération générale des achats.
Pourquoi le mot « net » compte
Un achat net correspond à un solde : les acquisitions diminuées des cessions. Deux situations très différentes peuvent produire le même résultat agrégé. Un marché peut connaître peu d’opérations, ou au contraire des achats importants compensés par des ventes. Le solde seul ne dit pas quelle configuration domine.
De même, une variation des réserves exprimée en tonnes ne doit pas être confondue avec une variation de leur valeur monétaire. La valeur d’un stock peut augmenter parce que le cours monte, sans qu’un seul lingot supplémentaire soit acquis. Pour suivre l’accumulation, il faut regarder les quantités ; pour mesurer le poids de l’or dans les réserves, il faut aussi tenir compte de sa valorisation et des autres actifs.
Les intentions ne sont pas des achats exécutés
Dans son enquête publiée le 16 juin 2026, le World Gold Council indiquait que 45 % des gestionnaires interrogés prévoyaient une augmentation des réserves d’or de leur propre institution sur les douze mois suivants. La diversification figurait parmi les motivations avancées.
Cette enquête mesure des intentions. Elle ne permet pas de convertir ce pourcentage en un tonnage futur, et encore moins en un objectif de prix pour l’once. Une décision annoncée peut évoluer avec les besoins de liquidité, les contraintes de gestion ou la situation économique. Il faut donc lire séparément les enquêtes, les annonces et les opérations déclarées.
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Un soutien à la demande, sans assurance sur le cours
Des acquisitions institutionnelles peuvent contribuer à la demande de métal. Cela n’implique pas qu’elles absorbent toute vente provenant d’autres intervenants. L’équilibre de marché dépend aussi des flux financiers, de l’offre et des conditions monétaires. Notre analyse des flux des ETF adossés à l’or en août porte sur un autre canal de demande, avec une période d’observation différente.
Le décalage de publication impose une autre limite : un bilan de juillet ne permet pas d’attribuer une variation quotidienne de septembre aux banques centrales. Sans information sur les dates et modalités des opérations, une telle causalité resterait une hypothèse.
Ce que peut en retenir un investisseur français
Le signal utile est la persistance d’une demande institutionnelle déclarée, accompagnée de comportements divergents. Il mérite d’être suivi dans la durée, avec un périmètre comparable, plutôt que transformé en signal automatique d’achat.
Les contraintes d’un particulier diffèrent de celles d’une banque centrale. Pour une pièce ou un lingot, le budget, l’horizon de détention, la prime et les conditions de revente restent déterminants. Acheter parce qu’une institution a acheté plusieurs semaines auparavant ne dispense pas de ces calculs et ne protège pas contre une baisse.
Achats déclarés et estimations : comment comparer les chiffres ?
Complément méthodologique du 29 septembre 2026. Les chiffres ci-dessus décrivent juillet ; ils ne deviennent pas des achats de septembre parce que cet article est actualisé.
Le tableau des réserves du World Gold Council rassemble des données déclarées, notamment au FMI, avec des décalages de disponibilité selon les pays. Il faut vérifier la période de chaque ligne, et pas seulement la date de mise à jour du fichier.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Vérification utile |
|---|---|---|
| Stock en tonnes | Quantité détenue à une date donnée | Date d’arrêté et périmètre institutionnel |
| Achats nets déclarés | Acquisitions moins cessions recensées | Même période et même couverture pour comparer |
| Demande estimée | Évaluation incluant une composante non déclarée | Méthode, révisions et version du rapport |
| Intention annoncée | Projet ou réponse à une enquête | Ne pas la comptabiliser comme une transaction |
La distinction est concrète : dans son rapport du deuxième trimestre 2026, le WGC inclut de l’activité non encore déclarée et signale une révision de son estimation du premier trimestre, de 244 à 57 tonnes. Un chiffre estimé doit donc rester associé à sa version. Il ne faut ni l’additionner aux achats déclarés qu’il couvre déjà, ni attribuer son écart à un pays sans preuve.
Dans le bilan mensuel cité plus haut, les exemples sont homogènes : Chine +20 tonnes, Pologne +8 tonnes et Russie −6 tonnes, pour juillet 2026, données déclarées disponibles au 31 juillet. Leur somme ne reconstitue pas le total mondial : ce n’est qu’une sélection de pays. Comparer ce solde mensuel à une estimation trimestrielle sans préciser la période et la méthode produirait un diagnostic trompeur.
Pour un achat physique en France, cette lecture renseigne sur la demande institutionnelle ; elle ne fixe ni le prix d’un lingot de 100 g ni sa prime. Ceux-ci nécessitent une offre de vente datée, un poids d’or fin vérifié et une référence de cours comparable. Aucun prix produit ou signal automatique d’achat n’est déduit ici des réserves des banques centrales.
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Rédigé par
Rafik Makhlouf
1005 articles publiés · Président-Directeur Général
Rafik Makhlouf dirige GOLDMARKET, maison familiale et indépendante spécialisée dans les métaux précieux, dont le siège est établi Avenue des Champs-Élysées. À la tête d'une maison dont le métier consiste à préserver, valoriser et transmettre la valeur de l'or dans le temps, il analyse ce que les mouvements du métal révèlent des équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.
- Géopolitique de l'or
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- Marché des métaux précieux
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